Votre Odoo 16 tourne très bien. Il sort les devis, suit le stock, envoie les factures, et personne au bureau ne s'en plaint. Pourtant, depuis la sortie d'Odoo 19 à l'automne 2025, il ne reçoit plus de correctifs.
Rien ne s'est arrêté ce jour-là, et rien ne s'arrêtera demain. C'est justement ce qui rend la situation trompeuse. Voici ce que « plus maintenu » veut dire concrètement, ce que vous risquez vraiment, et les trois façons raisonnables d'y répondre.
Ce que « plus maintenu » veut dire
Odoo maintient ses trois dernières versions majeures. Chaque automne, une nouvelle version sort, et la plus ancienne des trois sort de la maintenance. Odoo 16 est sortie en octobre 2022 ; après la 17, la 18 et la 19, elle n'en fait plus partie.
Concrètement, l'éditeur ne publie plus de corrections pour la 16, ni pour les bugs, ni pour les failles de sécurité. Et la 17 suivra le même chemin à la sortie de la prochaine version majeure.
Ce qui ne change pas
Si votre Odoo tourne sur votre propre serveur ou chez un hébergeur de votre choix, personne ne vous obligera à migrer. Le logiciel ne se bloque pas, vos données restent là, vos utilisateurs ne voient aucune différence. C'est votre décision, à votre rythme.
La situation est différente sur Odoo Online, le service en ligne d'Odoo : l'éditeur y planifie lui-même la mise à niveau des bases qui ne sont plus maintenues. La question se règle alors pour vous, à une date qu'il vous annonce.
Les vrais risques, sans dramatiser
Un Odoo hors maintenance n'est pas une bombe. C'est un risque qui grandit lentement, sur trois fronts.
- La sécurité. Une faille découverte demain dans Odoo sera corrigée dans les versions maintenues, pas dans la vôtre. Pour un ERP qui contient vos clients, vos prix et votre comptabilité, et qui est souvent accessible depuis internet, c'est le point qui compte le plus.
- Le serveur autour. Odoo 16 a été conçu pour des versions de Python, de PostgreSQL et de système d'exploitation qui vieillissent elles aussi. Tôt ou tard, c'est le serveur entier qui ne peut plus être mis à jour proprement.
- L'écart qui se creuse. Les modules de la communauté OCA concentrent leurs efforts sur les versions récentes, et chaque version sautée ajoute une marche à la future migration. Attendre ne la rend pas moins chère.
Trois options raisonnables
1. Rester en 16, en connaissance de cause
C'est défendable pour quelques mois, à trois conditions : le serveur n'est pas exposé directement sur internet (on y accède par un VPN, par exemple), les sauvegardes sont copiées hors du serveur et une restauration a été testée, et une date de migration est fixée. Sans ces trois conditions, ce n'est pas une décision, c'est un report.
2. Migrer vers la 18 ou la 19
C'est l'option par défaut. La 19 vous laisse le plus de temps avant la prochaine migration. La 18 peut se justifier si un module communautaire dont vous dépendez n'est pas encore disponible en 19. La 17, en revanche, a rarement du sens : c'est la prochaine sur la liste.
Une migration bien menée ne se fait pas en direct sur la production. On migre d'abord une copie, on la fait tester par vos utilisateurs, et on bascule un week-end, avec une sauvegarde vérifiée pour revenir en arrière si besoin. J'explique le déroulé complet sur la page migration Odoo on-premise.
3. Changer d'hébergement au passage
Une migration est le bon moment pour se demander où Odoo doit tourner. Sans développement spécifique, Odoo Online devient souvent le plus simple. Avec du code sur mesure, le choix se fait entre Odoo.sh et un serveur que vous contrôlez, en Suisse par exemple. Je compare les options dans Odoo.sh ou serveur en Suisse.
Comment décider, en cinq questions
- Votre Odoo est-il accessible depuis internet, sans VPN ?
- Combien de modules spécifiques faits sur mesure fait-il tourner, et qui en a le code ?
- Les modules communautaires que vous utilisez existent-ils dans la version cible ?
- Vos sauvegardes sont-elles copiées hors du serveur, et une restauration a-t-elle déjà été testée ?
- Quand se trouve votre période creuse : pas pendant le bouclement, ni juste avant les vacances de l'équipe ?
Si la réponse à la première question est oui, ne traînez pas. Pour le reste, la plupart des PME migrent en un à deux mois entre l'audit et la bascule, et l'arrêt se limite à un week-end. Le prix dépend surtout du nombre de modules spécifiques et de l'écart de versions : c'est pour cela qu'un audit de la base vient toujours avant le devis.
Et si la vraie difficulté, c'est que plus personne ne s'occupe de votre Odoo, commencez par là : la page reprise d'un Odoo sans prestataire explique comment on récupère les accès et met les données à l'abri avant de parler de version.
Questions fréquentes
Peut-on passer directement d’Odoo 16 à Odoo 19 ?
Oui, pour vous il n'y a qu'une bascule. Techniquement, les données passent par la 17 et la 18 avant d'arriver en 19, chacune avec ses scripts de conversion, mais tout cela se fait sur une copie, en amont. Vos modules spécifiques, eux, ne sont réécrits qu'une fois, pour la version cible.
Odoo 17 est-il un bon choix de version cible ?
Rarement. Elle est la prochaine à sortir de la maintenance, dès la sortie de la version majeure suivante. Sauf contrainte particulière, visez la 18 ou la 19 : la dernière version vous laisse le plus de temps avant la prochaine migration.
Notre intégrateur nous conseille de rester en 16. A-t-il tort ?
Pas forcément, si c'est une décision temporaire et encadrée : serveur non exposé directement sur internet, sauvegardes testées, et une date de migration fixée. S'il n'y a ni date ni mesures, c'est un report, pas une décision.
Et si notre Odoo 16 est sur Odoo Online ?
Alors la question se règle presque toute seule : Odoo planifie la mise à niveau des bases en ligne qui ne sont plus maintenues. Vérifiez seulement que vos personnalisations Studio passent bien, en testant la nouvelle version avant la date annoncée.
Écrit par
David Cunha
Fondateur · Direction technique, AlpenData
Ingénieur en informatique avec plus de 10 ans d'expérience dans la gestion de systèmes, réseaux et infrastructures, David accompagne les PME suisses sur leur IT, leur sécurité et leur conformité.
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