Une PME qui utilise Odoo finit toujours par se poser la question : où doit-il tourner ? Souvent au mauvais moment, quand le vieux serveur tombe en panne, quand l'intégrateur augmente ses tarifs, ou quand un client demande où sont stockées ses données.
Il existe trois façons d'héberger Odoo. Aucune n'est la meilleure dans l'absolu ; chacune convient à un profil. Voici comment les départager, et ce que la loi suisse exige vraiment.
Les trois options
- Odoo Online : le service en ligne d'Odoo. Vous n'avez rien à gérer, Odoo s'occupe du serveur, des sauvegardes et des mises à niveau. En échange, pas de code sur mesure : seulement Studio.
- Odoo.sh : la plateforme d'Odoo pour les installations avec du code sur mesure. Vos modules vivent dans un dépôt Git, chaque modification passe par une branche de test avant d'arriver en production. Réservée à l'édition Enterprise.
- Votre propre serveur : dans vos locaux ou chez l'hébergeur de votre choix, en Suisse si vous le souhaitez. Community ou Enterprise, sans restriction, mais quelqu'un doit s'occuper du serveur.
Odoo.sh, en bref
Odoo.sh est une bonne plateforme, pensée pour les développeurs. Les sauvegardes sont automatiques, on peut créer une copie de test de la production en quelques clics, et le déploiement suit le dépôt Git. Pour une équipe qui développe régulièrement des modules, c'est confortable.
Ses limites sont ailleurs. Il faut l'édition Enterprise. La facture s'ajoute à l'abonnement, selon les ressources utilisées. Les serveurs sont ceux d'Odoo, dans la région choisie à la création du projet. Et la plateforme ne fait pas tout : vos modules restent sous votre responsabilité, y compris lors des montées de version. Sans développeur pour s'en occuper, Odoo.sh perd une bonne partie de son intérêt.
Un serveur en Suisse, en bref
Un serveur à vous, c'est la liberté complète : Community ou Enterprise, autant de modules que nécessaire, accès direct à la base et aux fichiers, et des données qui restent là où vous l'avez décidé.
Le prix de cette liberté, c'est l'entretien. Un serveur Odoo demande des sauvegardes copiées hors du serveur et testées, des mises à jour de sécurité régulières, une supervision, des certificats renouvelés. Si personne ne s'en charge, l'avantage se retourne : c'est exactement comme ça qu'on finit avec un Odoo que plus personne n'ose toucher.
Ce que dit vraiment la LPD
Soyons clairs : la loi suisse sur la protection des données n'oblige pas, en règle générale, à héberger en Suisse. Elle autorise le transfert vers les pays dont la protection est reconnue comme adéquate par le Conseil fédéral, dont ceux de l'Union européenne. Si un prestataire vous dit que la LPD vous impose un serveur suisse, il simplifie trop.
Ce que la loi demande, en revanche, c'est de savoir où sont vos données, d'encadrer vos sous-traitants par contrat, et de les protéger correctement. Et d'autres règles peuvent aller plus loin : le secret professionnel des avocats, des médecins ou des fiduciaires, les exigences d'un client important, ou les conditions d'un marché public. Dans ces cas-là, un hébergement en Suisse simplifie beaucoup les réponses.
Choisir en trois questions
Le budget, poste par poste
Comparer les prix affichés ne suffit pas, parce que les trois options ne comprennent pas les mêmes choses. Posez les postes à plat :
- la licence : Enterprise obligatoire pour Online et Odoo.sh, au choix sur votre serveur ;
- l'hébergement : compris dans Online, facturé selon les ressources sur Odoo.sh, prix du serveur chez un hébergeur ;
- l'entretien : fait par Odoo sur Online, partagé sur Odoo.sh, à votre charge ou à celle d'un prestataire sur votre serveur ;
- les montées de version : planifiées par Odoo sur Online, à mener vous-même, avec votre code, sur les deux autres options.
Les questions à poser avant de signer
Quel que soit le choix, ces questions évitent la plupart des mauvaises surprises :
- Qui fait les sauvegardes, où sont les copies, et quand une restauration a-t-elle été testée pour la dernière fois ?
- Comment récupère-t-on la base, les pièces jointes et le code si on veut partir ? En combien de temps ?
- Qui applique les mises à jour de sécurité, et à quel rythme ?
- Qui mène la prochaine montée de version, et à quel prix ?
- Qui appelle-t-on quand Odoo ne répond plus un lundi matin ?
Si vous optez pour un serveur en Suisse sans vouloir vous en occuper, c'est précisément ce que nous faisons : serveur suisse, sauvegardes chaque nuit avec copie hors site, restauration testée chaque mois, mises à jour et supervision. Tout est détaillé sur la page hébergement Odoo en Suisse. Et si votre version n'est plus maintenue, on combine souvent le déménagement avec une migration Odoo, pour une seule bascule.
Questions fréquentes
Odoo.sh peut-il héberger nos données en Suisse ?
Odoo.sh tourne dans les centres de données d'Odoo, répartis dans plusieurs régions du monde, et vous choisissez la région à la création du projet. Vérifiez la liste des régions proposées au moment de choisir : si une région suisse est une exigence pour vous, c'est le premier point à contrôler.
Peut-on quitter Odoo.sh pour un serveur en Suisse ?
Oui. Odoo.sh permet de télécharger une sauvegarde complète, base de données et pièces jointes, et votre code est déjà dans votre dépôt Git. On installe la même version sur le nouveau serveur, on restaure, on teste avec vos utilisateurs, puis on change l'adresse un soir. Gardez un abonnement Enterprise si vous l'utilisez : il reste valable sur votre propre serveur.
Odoo Online suffit-il pour une PME ?
Souvent, oui, tant que vous n'avez pas besoin de code sur mesure. Odoo Online s'occupe du serveur, des sauvegardes et des mises à niveau. La limite, c'est la personnalisation : seul Studio est possible, pas de modules Python, et les intégrations se font par l'API.
Combien coûte un serveur Odoo en Suisse ?
Le serveur lui-même coûte peu au regard du reste : ce qui pèse, c'est l'entretien (sauvegardes, mises à jour, supervision) et les heures d'intervention. Comparez donc des offres complètes, entretien compris, plutôt que des prix de machine. Pour un ordre de grandeur adapté à votre base, le plus simple est de demander un devis sur votre nombre d'utilisateurs et votre volume.
Écrit par
David Cunha
Fondateur · Direction technique, AlpenData
Ingénieur en informatique avec plus de 10 ans d'expérience dans la gestion de systèmes, réseaux et infrastructures, David accompagne les PME suisses sur leur IT, leur sécurité et leur conformité.
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